Dimanche 31 mai 2009, Vannes Pentecôte : Baptême de Clémént, Confirmation de Noëmie Galates 5, v. 16 à 25 Prédication Le Souffle de liberté (Ne manquez pas de souffle ) (D'après une prédication du pasteur Nelson Douglas.) On souffle dans un sac en papier que l’on fait ensuite éclater. Peut-ête avez-vous envie de me dire : Monsieur le pasteur, vous ne manquez pas de souffle. Si je commence ainsi, c’est justement pour concentrer votre attention sur le souffle, non pas le souffle de votre pauvre pasteur, mais sur le Souffle que Dieu lui-même vous donne en Jésus-Christ, le Souffle de Pentecôte, le Souffle Saint. Tout comme nous ne pouvons pas vivre sans respirer, la vie que Dieu nous offre en Jésus-Christ n’est pas possible sans le Souffle qu’il donne lui-même à tous ceux, toutes celles, qui croient en son Fils. Voilà le message que je veux vous transmettre ce matin au moment où Noëmie s'engager davantage dans la voie que trace le Christ, au moment ou nous entourons Claire-Lise et François pour témoigner de l'Amour de Dieu pour Clémént : Ne manquez surtout pas de souffle ! C’est une façon un peu détournée de paraphraser la parole de l’apôtre Paul dans sa lettre aux Galates : «Si nous vivons par le Souffle, marchons aussi sous l’impulsion du Souffle.» Car c’est le Souffle de Dieu qui fera de vous des hommes et des femmes libres, car le Souffle de Dieu, ce Souffle que Jésus donne à ceux et à celles qui croient en lui, est un souffle de liberté. La liberté. Voilà le maître mot transmis par ce texte de l’apôtre Paul, un texte qui a du souffle. Prenons quelques instants pour le regarder de plus près. (Les commandements pour vivre) Paul écrit au début du chapître 5 de sa lettre aux Galates : «C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libéré. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage.» (Galates 5.1) Dans ce passage fort de sa lettre aux Galates, l’apôtre Paul présente la liberté à la fois comme un fait accompli et comme une tâche à réaliser. Comment, en lisant ce verset, ne pas penser à un autre texte de la Bible dans le livre de l’Exode: «Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir de l’esclavage en Egypte; tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face...» (Exode 20.1) Au moment où Dieu libère son peuple de leur servitude en Egypte, il lui donne dix paroles, dix commandements, qui fixent les limites à l’intérieur desquelles il peut jouir de cette liberté. Dix paroles pour garder leur liberté... La plupart de ces commandements sont dits de façon négative, mais fondent une éthique, une façon de vivre et de se conduire, très positive. Par exemple, le commandement, tu ne tueras pas, nous encourage à respecter la vie et l’intégrité physique, morale et spirituelle de chaque être humain. C’est dire que derrière les commandements on peut discerner un certain esprit, l’Esprit même de Dieu, son Souffle créateur qui donne la même vie à tous. Pourquoi alors nos sociétés humaines ont-elles autant de mal à respecter ces règles élémentaires de la vie ? Pourquoi autant de haine et de violence ? (Le péché : vivre selon la chair ) La réponse que donne l’apôtre Paul est, qu’avant de pouvoir accomplir les commandements, il faut être libéré d’abord de ce qui nous empêche de les mettre en œuvre. A l’instar du peuple hébreu, nous sommes tous les esclaves, nous dit Paul, esclaves du péché. Le péché fait partie de notre condition humaine, à tel point que nous ne pouvons pas y échapper par nous-mêmes. Mais quel est ce péché ? Pour l’expliquer, Paul emploie dans ce texte un autre mot, un mot important, mais un peu galvaudé. C’est le mot «chair». La chair au départ n’a rien de mauvais, car elle est créée par Dieu. C’est le mot que la Bible pour décrire notre condition de créatures. La chair est notre corps, notre esprit, notre intelligence; tout ce qui nous permet d’exister comme les êtres à part entier. Nous vivons dans la chair, car nous ne pouvons pas vivre autrement. Seulement le péché intervient, car inévitablement, nous nous mettons à vivre selon la chair, c’est-à-dire à vivre comme s’il n’y avait rien d’autre que notre condition humaine. Nous vivons et pensons exclusivement à partir de nous-mêmes. C’est notre pente naturelle. Mais si nous suivons cette pente jusqu’au bout, mettant notre Moi au centre de l’univers, nous devenons esclaves de notre chair, de notre finitude, esclaves de nous-mêmes. Telle est la condition humaine, selon l’apôtre Paul. Le théologien Max-Alain Chevallier la résume ainsi : «Nous sommes en réalité prisonniers de nos pulsions, de nos sentiments, de nos idées, parce que nous ne pouvons prendre aucune distance par rapport à nous-mêmes.» (M.-A. Chevallier, Souffle de Dieu, t.III, p. 145) Face à notre condition humaine, même la loi que l'on trouve dans la Bible ne nous est d’aucune utilité. Au contraire, elle peut devenir une autre forme d’esclavage, vite transformée en une sorte de moralisme qui tue. N’oublions pas que ceux qui ont livré Jésus pour être mis au mort pensaient obéir à la loi de Dieu. Et on peut citer beaucoup d’autres exemples d’intolérance religieuse. (Le Christ nous a libéré ) Mais l’Evangile, la bonne nouvelle de Jésus-Christ, est que face à cette impasse où les hommes et les femmes ont été amenés par leur propre chair, Dieu intervient pour les libérer. En Jésus-Christ, il nous ouvre une autre voie. Jésus a partagé la même existence humaine; il a vécu, comme chacun de nous, dans la chair. Mais il refuse de mettre son «Moi» au centre de tout. Jésus refuse de vivre «selon la chair» et nous montre comment vivre selon le Souffle de Dieu. Il reste obéissant à loi profonde de ce Souffle de Dieu qui est en lui, obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix. En acceptant de mourir sur la croix, Jésus inverse le mouvement de l’homme qui ne vit que pour lui-même. Sa mort sur la croix nous libère du péché, elle rend possible une nouvelle attitude, elle ouvre une nouvelle voie. Sa résurrection est comme une sorte d’explosion, beaucoup plus qu’un petit sac en papier, une explosion d’amour et de liberté dont le souffle traverse les siècles. Désormais nous pouvons vivre, non plus selon la chair, mais selon le Souffle même de Dieu. Jésus nous permet de regarder notre vie d’une autre façon. Nous n’avons plus besoin de justifier notre existence. La vie nous est donnée et nous sera donnée, en dépit du mal, du péché et tout ce qui nous menace. Pour entrer dans la liberté que Jésus nous propose, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à accepter la grâce qui nous est offerte. C’est aussi simple que le fait de respirer. (Une liberté à vivre ) Mais en même temps, nous avons tout à apprendre. Car nous vivons toujours dans la chair. La tentation est toujours de remettre notre propre nature au centre, de vouloir vivre de nos propres forces. D’où l’injonction de l’apôtre Paul : «Restez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage.» (Galates 5.1b) La liberté chrétienne ne doit laisser aucune place à une vie centrée sur le Moi. C’est là où les commandements et surtout le commandement qui résume tous les autres trouvent leur vrai sens : «Vous, frères [et sœurs], c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, que cette liberté ne donne aucune prise à la chair ! Mais par amour, mettez-vous au service les uns des autres. Car la loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» (Galates 5.13-14) Paul développe, dans le passage qui suit et que nous avons lu, ce résumé de la loi, le contraste entre la vie selon la chair et la vie selon l’Esprit ou le Souffle. Il compare les résultats obtenus de ces deux façons de vivre, en parlant des œuvres de la chair et des fruits du Souffle. L’impulsion que donne le Souffle de Dieu à notre vie ne laisse aucune place aux désirs de la chair. Sous la poussée de l’Esprit, la chair retrouve sa véritable vocation, celle de refléter l’image de Dieu. Sans le Souffle de Dieu, la chair n’est que tristesse, comme le montre la liste de ses «œuvres» dont je ne cite que quelques uns : débauches, idolâtrie, haines, discorde, rivalités, et ainsi de suite; tous ces désordres que la loi interdit mais n’arrive pas à éradiquer. Le Souffle du Christ inspire toute autre chose : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi. Aucune loi ne peut produire un tel fruit. Cette liste est dressée comme le véritable critère d’une vie qui a du souffle, le Souffle du Christ. On n’a plus besoin d’une loi qui interdit, car la vie est là dans sa plénitude, débordant de bonté, agissant pour le bien de tous. Et cette vie n’est pas une réponse servile à une loi divine imposée de l’extérieur tant bien que mal, mais une véritable explosion de liberté et d’amour, dont le souffle ne saurait être contenu. Comme dit Paul ailleurs dans sa deuxième lettre aux Corinthiens: «Car le Seigneur, c’est le Souffle, et là où est le Souffle du Seigneur, là est la liberté.» (2 Co. 3.17 ) Ma véritable liberté est de faire comme Jésus, d’obéir à la volonté de Dieu, avec tout mon cœur, mon âme, mon intelligence et ma force, librement, parce que je découvre là ma véritable raison d’être et ma dignité véritable en tant qu’être humain. (Voler comme un aigle) Le pasteur Antoine Nouis, dans son Catéchisme protestant, nous offre une image qui est très parlante pour souligner la distinction entre vivre selon la chair et vivre selon le Souffle. Il se demande si l’apôtre Paul, en invitant ses lecteurs à marcher selon l’Esprit ou le Souffle, ne pense pas à ce très beau passage du prophète Ésaïe : «Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leurs forces. Ils prennent leur vol comme les aigles; Ils courent et ne se lassent pas, Ils marchent et ne se fatiguent pas.» (Ésaïe 40.31 ) Mais là où les Ecritures nous invitent à être des aigles, nous dit le pasteur Nouis, nous ressemblons trop souvent à des poulets. «Avez-vous déjà vu un poulet qui essaye de voler ? Ca s’agite, ça fait du bruit, ça remue du vent... mais ça ne vole pas très haut. En revanche, un aigle qui déploie ses ailes se laisse porter par le vent. On a observé un aigle faire 25 kilomètres sans un seul battement d’aile. Se laisser porter par le souffle de l’Esprit, c’est apprendre à déployer ses ailes pour devenir un peu moins poulet et un peu plus aigle.» (A. Nouis, Un catéchisme protestant, p. 153 ) (N’oubliez pas le vent ) La liberté. Voilà une valeur fondamentale que les hommes et les femmes de tous les temps recherchent à tout prix. Elle est là, à votre portée, si vous ne manquez pas de souffle, si vous acceptez jour après jour le don qui vous est offert. «C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libéré. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage.» Offert à toi Noëmie, offert à vous tous, pour Clément et pour tous les enfants et adultes que vous approchez ! Pour emprunter une dernière image à l’écrivain Gilbert Cesbron, notre chair, notre condition humaine, sera comme le matériau à partir duquel on construit un grand voilier. Si on pèse les voiles d’un côté et le bâtiment de l’autre, on pourrait désespérer de voir l’engin bouger : c’est qu’on oublie le vent. N’oubliez pas le vent de l’Esprit, frères et sœurs. Ne manquez pas de Souffle. Le Souffle est votre vie; marchez sous la poussée du souffle de Dieu. Amen
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