Vannes, 20 juin 2010 Ga 3, 26-29 ; Lc 9, 18-27 ; Ge 3, 20-24. Madame et Monsieur sortent ce soir en société… Madame fouille dans son armoire… qu’est-ce que je vais me mettre… j’ai vraiment rien à me mettre ! Monsieur fait semblant de rien entendre. Il est déjà habillé. Il choisit ses chaussures : qu’est-ce qui ira le mieux avec mon Jean ? baskets ou converses ? à moins que je ne prenne ces petites botines… - Ne croyez pas Mesdames que les Messieurs soient moins soigneux de leur look-. Et voici… enfin… Madame et Monsieur prêts, sur leur 31 qui sortent en société ! Si vous les aviez vu hier dans leur jardin : lui en bermuda à remonter un mur de pierre et elle en salopette à tailler les rosiers, vous ne les reconnaitriez pas ! C’est fou ce que le vêtement peut changer ! Qu’on le veuille ou non, on s’habille pour montrer de soi ce que l’on veut bien montrer selon les circonstances ! … Ce n’était pas tout à fait pareil à la création du monde ! souvenez-vous : « l’homme et la femme était tous deux nus et ils n’en avaient point honte » (Ge 2, 25). Et puis, ça a changé… Ils ont croqué la pomme (ou la figue selon certains spécialistes de l’exégèse …) Et leurs yeux se sont ouverts… Ils ont vu l’autre, dans sa totale nudité, sa force et ses fragilités, à la fois attirante et menaçante en même temps. Et leurs rapports se sont altérés : Tu m’étais chair de ma chair, os de mes os, Donnée pour ne plus être solitaire pour être une seule chair Désormais je te dominerai et tu me séduiras. Loin de Dieu, l’homme et la femme ne peuvent plus se distinguer ni se supporter. Ils ne peuvent non plus supporter le regard de leur créateur : Ils vivaient en communion avec lui. Leur nudité dévoile d’une façon insupportable la rupture de cette communion. Et Dieu les protège en leur confectionnant des tuniques de peau… … Depuis on s’habille, chez Cardin ou chez Chanel ou chez Tati, on revêt un personnage pour paraître en société. Paraître, car le vêtement ne donne à voir de nous-mêmes que ce que nous voulons bien. Mais qui sommes nous vraiment ? Et qui est-il ce frère, cette sœur que je côtoie, habillé de ses vêtements et de mes préjugés ? Nous ne connaitrons jamais totalement une personne… Et nous ne nous connaitrons jamais vraiment nous-mêmes ! … Au temps de Jésus, comme de tout temps, les gens se reconnaissent à travers leurs différences : Juifs & non-juifs ; Riches & pauvres ; Esclaves & personnes libres ; Homme & femme ; Habitants de cette terre depuis des générations & étrangers… On peut actualiser la liste : Toi, tu as une plaque d’immatriculation CH : t’es pas d’ici… Toi tu es breton des montagnes, et moi breton gallo. Moi je suis des villages, moi de la ville… Moi Protestants / toi catholiques… Moi seul & toi différent et c’est autant de suspicions et de défiances : une façon de dresser des murs ! … L’enseignement de Paul au Galates ouvre une brèche dans ces murs : « Vous êtes fils de Dieu, par la foi de Jésus Christ. En effet, vous avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ ». On pourrait traduire : « vous avez été habillé en Christ », « vous êtes entrés en lui comme on entre dans un vêtement ». Ainsi, Revêtir le Christ, ce n’est pas rajouter un vêtement de plus sur nos vieux vêtements, ce n’est pas opter pour une autre philosophie, c’est se laisser revêtir par lui d’un vêtement nouveau, d’un être nouveau ; c’est une nouvelle naissance ! C’est tellement nouveau que change aussi notre regard sur nos vieux vêtements, jusqu’à ne rien voir d’autre que le Christ, vainqueur du péché et de la mort. … Accueillir en nous l’homme nouveau, c’est accueillir le Christ, savoir qu’il sera toujours avec nous. Qu’une paix est possible malgré les différences, malgré les tuniques de peaux, malgré la mort et la séparation, C’est accueillir l’unité retrouvée, la communion avec le Christ : unité qui nous fait passer du solitaire au solidaire, du moi tout seul qui possède, qui détient le pouvoir, qui domine au être avec, partager, reconnaître. Reconnaître (re-connaître) : c’est à dire connaître à nouveau, connaître comment nous avons été connus en Jésus-Christ par Celui qui seul connaît l’ultime de nos existences. Luther disait : « il faut pro-poser le Christ à ton regard que tu ne vois rien d’autre que lui ».  pro-poser, littéralement : poser devant ton regard rien d’autre que le Christ « la foi, dit encore Luther, est un très ferme regard qui ne voit rien d’autre que le Christ vainqueur du péché et de la mort, donateur de justice, de salut, de vie éternelle ». … « Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n'y a plus le male et la femelle ; car TOUS, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ. Et si vous appartenez au Christ, c'est donc que vous êtes la descendance d'Abraham; selon la promesse, vous êtes héritiers. … Paul nous exhorte à changer de regard et accueillir l’autre, soi-même, Dieu. Parce que ce qui nous fait exister, ce qui nous fait tenir, ce qui nous fait nous rencontrer, ce n’est plus quelque chose d’artificiel, comme peut l’être un vêtement, mais le Christ seul que nous recevons dans la foi. Christ efface les barrières de nos différences, ou plutôt, malgré les barrières que nous avons dressées entre juifs et grecs, entre male et femelles, toutes ces barrières sont dépassées, traversées par ce regard nouveau que Jésus pose en nous. … Qui es-tu ? Qui suis-je ? Seul, je n’ai pas la réponse… Et Jésus pose une seule question : Qui dites-vous que « je suis » ? qui dis-tu que Jésus est pour toi ? A travers la réponse que tu lui feras tu découvriras qui tu es vraiment, sans honte. Cesse de répéter ce que disent les autres, Quitte les a priori et les préjugés, Dis-lui ce que tu crois, dans ton cœur ! Confesse que Jésus est pour toi le Christ, l’envoyé du Père, celui par qui révèle qui tu es : fils-fille, bien aimé de Dieu le Père !Amen.
Calendrier Contacts Média L'église Activités 28 rue du 8 mai 1945 - BP 30246 - 56007 VANNES CEDEX - Culte tous les dimanches à 10h30 - Nous contacter
EGLISE PROTESTANTE UNIE DE VANNES MORBIHAN EST 28 rue du 8 mai 1945- BP 30246 56000 VANNES